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Oiseaux des jardins

Oiseaux des jardins est un observatoire co-fondé avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Son objectif est d’apprendre à reconnaître les oiseaux et les compter dans la cour d’école, dans un parc public ou même sur son balcon ! Tout en prenant plaisir à observer la nature, les participants s’investiront dans un programme de recherche visant à étudier les effets du climat, de l’urbanisation et des pratiques agricoles sur la diversité des oiseaux communs. En participant, les observateurs aideront directement les scientifiques à comprendre quand et pourquoi les oiseaux visitent les jardins. Vous trouverez ici tous les éléments nécessaires à votre participation.

 

Survivre à l’hiver

Le principal problème des oiseaux en hiver est de trouver de la nourriture et non de se protéger du froid (ils sont bien protégés par leurs plumes). En effet, dans nos contrées, leurs ressources alimentaires peuvent se faire très rares à la mauvaise saison, surtout pour les insectivores. Certains oiseaux se déplacent alors vers des lieux où ils trouveront une nourriture en abondance : ce sont les migrateurs. Les autres, qui restent sur place, sont appelés sédentaires.

Les oiseaux sédentaires

Pinson des arbres à deux saisons différentes

© Fréderic Jiguet | Vigie-Nature

Les oiseaux sédentaires adaptent leur régime alimentaire : ils se contentent de ce qu’ils peuvent trouver. Par exemple la Mésange bleue ou la Pie bavarde qui peuvent se contenter de graines lorsque les insectes se font rares, d'autres se nourrissent de provisions qu’ils ont cachées à l’automne (comme le Geai des chênes qui cache des glands).

Ils possèdent également différentes stratégies pour lutter contre le froid :

  • En hiver les oiseaux ont plus de plumes qui paraissent gonflées, ce coussin d’air permet d'isoler l'animal du froid (ex: le Pinson des arbres, voir la rubrique Morphologie et adaptations) ;
  • Pour dormir, certains se regroupent pour se tenir chaud. Par exemple, les mésanges se trouvent un trou pour la nuit et s'y regroupent. Les étourneaux, eux, se rassemblent  en fin de journée dans les villes ou villages car il y fait plus chaud que dans les campagnes et constituent des dortoirs collectifs dans les arbres.
  • Certains oiseaux, comme le Pinson des arbres voient  aussi leur température baisser de 6° pendant son sommeil pour consommer moins d’énergie, comme les animaux qui hibernent.

Enfin, il existe de faux sédentaires : certains comme l’accenteur mouchet ou le rouge-gorge sont visibles toute l’année dans les jardins mais souvent, ce ne sont pas les mêmes individus : Une partie des populations de nos régions migre vers le Sud, et les partants sont remplacés par des individus venus du Nord de l’Europe pour passer l’hiver chez nous.

En réalité, très peu d’espèces d'oiseaux en Europe sont strictement sédentaires...

La sédentarité ne serait pas si fréquente :

En réalité, très peu d’espèces en Europe sont strictement sédentaires, c'est-à-dire ne comportant aucune population ou partie de sa population effectuant une migration, au moins sur une courte distance pour des raisons souvent exceptionnelles comme une vague de froid.

En ville, certaines espèces se sédentarisent plus volontiers car la nourriture y est permanente, pourtant, on peut repérer des moineaux domestiques ou des pigeons ramiers sur des sites de migration en automne.

Les oiseaux migrateurs

Les Pastrouillards

© Laurent ZAGNI

Chez les oiseaux, la migration est le déplacement régulier de populations d’une aire de reproduction à une aire d’hivernage à l’automne et vice et versa au printemps. Ils ne restent pas sur leur lieu d’hivernage pour se reproduire mais reviennent vers les régions tempérées car la concurrence pour la nourriture et la présence de prédateurs y sont moins importantes.

La phase automnale est également appelée postnuptiale et la phase printanière est la phase prénuptiale.

Plusieurs espèces des parcs et des jardins, mais aussi des villes et des villages, sont absentes entre octobre et mars-avril, comme le Gobemouche gris, le Rougequeue à front blanc, l'Hirondelle rustique, l'Hirondelle de fenêtre ou le Martinet noir.

Les migrateurs au long cours :

Les insectivores sont de grands migrateurs (en hiver, il y a peu d’insectes dans nos régions), alors que les granivores ou omnivores sont plutôt sédentaires ou migrateurs sur de petites distances.

L’hirondelle rustique est un exemple d'oiseau effectuant de grandes migrations : elle voyage jusqu’au Sud du Sahara pour trouver sa nourriture et revient en région tempérée au printemps pour se reproduire. Nous pouvons alors la trouver en Eurasie et Amérique du Nord mais aussi au Nord de l’Afrique.

 

http://www.hirondelles.oiseaux.net/migration.html

Hirondelle rustique

© Fréderic Jiguet | Vigie-Naure

« Les moyens courriers »

Leurs trajets sont moins longs que les précédents car leur aire d’hivernage est moins éloignée, ce sont en général des insectivores « non stricts », comme le Pinson des arbres, la grive musicienne, le rouge-gorge. Toute l’espèce descend un peu plus au sud, dans le bassin méditerranéen. Ils partent en général plus tard que les grands migrateurs et reviennent plus tôt.

Migration diurne ou nocturne

La majorité des passereaux longs courriers volent de nuit (sauf les hirondelles).

Les avantages de la migration nocturne :

Elle permet de se déplacer la nuit et de se nourrir le jour. Par ailleurs, le vol est plus aisé car les vents horizontaux sont moins violents et les turbulences verticales sont plus rares, l’air est aussi plus frais et plus humide, la dépense énergétique s’en trouve alors diminuée et le risque de déshydratation moins grand.

La plupart des passereaux qui migrent le jour ne se déplacent que le matin et s’alimentent durant le reste de la journée, c’est surtout le cas des migrateurs de courte distance qui disposent de plus de temps.

Comment les oiseaux savent-ils qu’ils doivent partir ?

Chez les migrateurs nocturnes, c’est la variation de la durée du jour (photopériode) qui déclenche la préparation à la migration ; les oiseaux perçoivent la lumière grâce à des photorécepteurs situés dans le cerveau, sensibles à travers les plumes et le crâne, ainsi, même des oiseaux aveugles la perçoivent la photopériode.

La préparation :

  • Des plumes toutes neuves : Certains oiseaux muent pour avoir des plumes parfaitement efficaces pour leur long vol à venir.
  • Des réserves énergétiques : Elles sont accumulées sous forme de graisse stockée sous la peau, dans les muscles et dans le foie (foie gras), parallèlement, la taille de leur appareil digestif diminue pour leur éviter d’être trop lourd.

Les dangers :

Les prédateurs comme l’Épervier et les faucons représentent le danger le plus important, on a par exemple estimé qu’ils déciment 10% des Pinsons des arbres et du Nord.

Les vents violents peuvent déporter les oiseaux. On estime que 1 à 10% des petits passereaux migrant le long des côtes meurent en mer.

L’Homme qui chasse sur les sites où les oiseaux se posent pour se nourrir (15 à 20 millions d’oiseaux migrateurs sont ainsi tués chaque année) ou qui aménage ces sites et donc fait disparaître ces aires de repos pour migrateurs. L’Homme encore lorsqu’il installe des lignes à haute tension ou de hauts immeubles pourvus de grandes baies vitrées.

Comment s’orientent-ils et se retrouvent-ils ?

Le phénomène est complexe et non encore élucidé totalement. Les oiseaux semblent se déplacer selon une connaissance qu’ils héritent de génération en génération et qui leur dicte à la fois le moment de la migration mais aussi sa direction et sa destination. Cependant, on sait que les oiseaux détournés de leur trajet habituels, par exemple par des vents violents, sont capables de retrouver le bon cap.

Ils sont guidés par un système de boussoles internes innées appelées aussi compas biologiques qui seraient de 3 types :

  • Le compas solaire utilisé pour les petites ou grandes migrations
  • Le compas stellaire pour lequel le jeune oiseau devrait apprendre la carte du ciel
  • Le compas magnétique : ce compas semble être le plus utilisé surtout par temps nuageux (La terre possède deux pôles magnétiques situés à proximité des pôles géographiques).

La vue leur permet également de s’orienter grâce à la capacité à déterminer d’où vient la lumière (vision polarisée). Ils utilisent également des repères visuels terrestres comme des chaînes de montagne, des fleuves, etc.

Chez les volailles migratrices, l’accumulation de lipides dans le foie permet de répondre aux besoins caloriques pendant la migration...

Le foie gras, une technique ancienne !

La pratique du gavage a été décrite dès l’Antiquité,  les égyptiens nourrissaient les oies avec des figues pour obtenir du foie gras. C’est en 14 jours de gavage par un mélange de farines et d’eau qu’un foie animal sain devient un foie gras. Son poids peut être multiplié par 4 à 10 (soit 10 % de poids de l’animal) et sa composition est totalement modifiée. Les céréales utilisées pour le gavage contiennent une forte concentration d’amidon (60 %) et très peu de lipides (4%). Leur métabolisation aboutit à la production de lipides en grande quantité qui s’accumulent dans le foie.

Cette technique est très discutable d'un point de vue ethique, notamment à cause des souffrances infligées à ces oiseaux (voir l'article "La cruauté à la table des grands chefs" sur le site de la LPO).

Chez les volailles migratrices (canard ou oie sauvage), l’accumulation de lipides dans le foie permet de répondre aux besoins caloriques pendant la migration. Il s’agit donc d’une réaction physiologique, même si les souches animales actuellement utilisées pour le gavage ne sont plus celles d’animaux migrateurs. Les modifications hépatiques sont réversibles si la volaille n’est plus gavée. Le foie retrouve sa taille et sa morphologie normale lorsque l’alimentation habituelle est reprise. Le risque de maladies hépatiques n’est pas majoré à la suite d’un gavage pratiqué sur 12 jours.

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