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Opération escargots

L'association Noé et le Muséum national d’Histoire naturelle ont lancé l’Opération Escargots. Son principe est simple : les élèves sont invités à chercher les escargots et les limaces dans leurs cours d’établissements, à les identifier et à transmettre leurs observations aux scientifiques du Muséum. En participant à cet observatoire vous aiderez les scientifiques à mieux comprendre l’importance des jardins et de leur mode de gestion dans la conservation de ces espèces. Il n’est pas nécessaire d’être malacologue : nous vous fournissons ici tous les outils pour identifier ces espèces. Toutes les observations sont importantes, nous comptons sur vous !

 

Quelques résultats scientifiques de l'Opération escargots

Podium des 5 espèces les plus fréquentes

© Sébastien TURPIN | Vigie-Nature École

Les premiers résultats montrent que l’Opération Escargots fonctionne bien ! Sans être des malacologues (spécialistes des mollusques) les observateurs sont capables de distinguer les différentes espèces proposées dans le dispositif. Ainsi les résultats récoltés depuis 2009 confirment ce que l’on connaît de la répartition des espèces en France : le Petit-Gris est présent et abondant partout. L’escargot de Bourgogne est absent de la façade atlantique, tandis que l’élégante striée est absente des régions non calcaires. La répartition de ces différentes espèces est illustrée sur les cartes ci-dessus.

Cartes d’abondances de trois espèces d’escargots. Une couleur foncée correspond à une forte abondance de cette espèce.

© MNHN / Noé conservation – Opération Escargot 2011

La surface du jardin influe-t-elle sur le nombre d’espèces ?

Nombre d’espèces en fonction de la surface du jardin.

© Sébastien TURPIN | Vigie-Nature École

Ce graphique illustre la relation entre le nombre d’espèces d’escargots et de limaces d’un jardin et sa superficie. On remarque immédiatement que le nombre d’espèces présentes dans un jardin augmente avec la superficie. Par exemple, on trouve en moyenne un peu moins de 3 espèces d’escargots et de limaces dans un jardin de 20 m² alors qu’on trouve près de 7 espèces en moyenne dans des jardins de 4000 m² (un peu moins que la taille d’un terrain de football).

Attention, il ne faut par contre pas imaginer que pour un jardin encore plus grand, 10 000 m² par exemple, on aurait deux fois plus d’espèces ! En écologie, on a remarqué qu’à partir d’une certaine superficie, le nombre d’espèces présentes dans l’habitat augmente beaucoup moins !

Pour évaluer cette superficie, il faut aux scientifiques plus de données issues de très grands jardins, comme les cours d’école !

Le milieu environnant le jardin influe-t-il sur le nombre d’escargots et de limaces ?

Nombre d’escargots en fonction de l’indice d’urbanisation

© Sébastien TURPIN | Vigie-Nature École

Ce graphique représente le nombre d’escargots et de limaces comptés en fonction de l’indice d’urbanisation de la zone entourant le jardin.

Sur ce graphique, un indice d’urbanisation faible correspond à un milieu très peu urbain, un jardin entouré de champs et de prairies par exemple, un indice élevé correspond à un milieu très urbanisé, un jardin en centre-ville par exemple. 

On remarque que plus l’indice d’urbanisation est élevé plus le nombre d’escargots et de limaces récoltés est faible. 

Mais que signifient les barres grises sur le graphique ?

Ces barres représentent l’écart-type qui permet de mesurer les écarts de valeurs autour de la moyenne qui est représentée par le sommet du rectangle orange. Par exemple, pour un indice d’urbanisation de 8, on a trouvé en moyenne 15 escargots ou limaces. Les barres d’écart-type nous indiquent que pour la plupart des jardins, la population était comprise entre 13 et 17 individus.

 

Enfin, comme le montrent ces graphiques, la plupart des espèces d’escargots et de limaces sont sensibles à la façon dont les jardiniers aménagent et entretiennent leur jardin. Plus ils adoptent un mode de gestion « naturel » (maintien de zones en friche, maintien du lierre sur les arbres, maintien d’orties,…), plus les espèces d’escargots et de limaces sont nombreuses et abondantes. Certaines espèces telles que l’Escargot de Bourgogne sont très sensibles à cette naturalité du jardin alors que le Petit gris parvient à s’adapter même aux jardins les moins naturels, ce qui explique sa première place au Top 5 des escargots les plus souvent rencontrés.

Graphique représentant l’abondance de 4 espèces en fonction de l’urbanisation du milieu. Une classe d’urbanisation de valeur 1 correspond à un milieu très peu urbanisé, une valeur 8 correspond à un milieu très urbanisé

© Sébastien TURPIN d'après MNHN / Noé conservation – Opération Escargot 2011

Pour situer vos observations réalisées avec le protocole « planche » par rapport aux observations nationales, appuyez-vous sur ce graphique de la diversité spécifique en fonction de l’abondance. Vous pourrez ainsi estimer l’état de santé des populations

Positionner vos données

Pour situer vos observations réalisées avec le protocole « planche » par rapport aux observations nationales, appuyez-vous sur ce graphique de la diversité spécifique en fonction de l’abondance. Vous pourrez ainsi estimer l’état de santé des populations d’escargots de votre établissement.

 


 

Utiliser ce graphique :

Pour placer votre point sur le graphique, il vous faut calculer :

  • Calcul de l’abondance moyenne : si vous avez vu 7 escargots sous une première planche, 5 sous la seconde et 9 sous la troisième, l’abondance moyenne est de (7+5+9)/3= 7.
    Pour se positionner sur le graphique, il faut ensuite tenir compte de la surface de votre planche. Les résultats du graphique correspondent à une surface de 0,16 m² (planche de 40 x 40cm). Pour placer votre point, utilisez la règle de 3 : multipliez l’abondance moyenne par 0,16 et divisez par la longueur d’un côté de la planche (en m) multipliée par l’autre côté de la planche (en m). Dans notre exemple si la planche mesure 40 cm sur 50 cm, on obtient : 7*0,16 / (0,4 x 0,5) = 5,6
  • La diversité moyenne d’espèces (ou en groupes d’espèces) observée par planche : si vous avez vu 4 Petit-gris et 3 luisants sous la première planche donc 2 espèces différentes, et 2 Petit-gris, 2 luisants, 6 veloutés et 1 Loche commune sous la seconde planche (donc 4 espèces différentes)  ; la diversité moyenne en escargots dans votre cour est de (2+4)/2 = 3. Cette mesure n’est pas liée à la taille de la planche.

Comprendre votre résultat :

La diversité est dans la moitié supérieure et l’abondance dans la moitié inférieure des données nationales.

À priori, il existe une bonne diversité d'espèces donc de milieux mais un facteur externe, tel que les conditions météo, a vraisemblablement perturbé les relevés. D'une manière générale c'est le signe d'une biodiversité en bon état. Il faut continuer les relevés pour en obtenir la confirmation. Cette situation peut être le fait de récents changements dans le paysage ou dans les pratiques à l'échelle locale. Cette diversité apparente mais peu abondante peut alors n'être qu'un stade transitoire vers une composition en espèces plus pauvre.

L’abondance et la diversité sont dans la moitié inférieure des données nationales.

À l’inverse du cas numéro 2 et à moins que les relevés n’aient été affectés par des facteurs externes (le type de roche du sol influence le peuplement en escargots : par exemple, sur un sol calcaire il y a souvent plus d’escargots que sur un sol acide), tout semble indiquer que l’état de santé de la biodiversité n’est pas au mieux, comparativement à l’échantillon national. Il faut, dans ce cas, continuer les relevés pour tâcher de déterminer quels sont les facteurs en cause.

Les communautés sont diversifiées et populeuses, c’est un bon signe.

Cette observation est l’expression d’une biodiversité en bon état de santé et fonctionnelle. Continuer les relevés permet alors d’identifier les facteurs à l’origine de ce bon état. Dépendent-ils des pratiques ou d’un effet à plus large échelle et des paysages adjacents ?

L’abondance est dans la moitié supérieure des données nationales et la diversité dans la moitié inférieure.

Une abondance élevée mais une faible diversité peuvent refléter un déséquilibre au sein de la communauté avec une ou quelques espèces très majoritaires. Cette situation peut aussi se rencontrer lorsque les conditions deviennent favorables très localement dans un contexte habituellement peu favorable. Les populations d’espèces maintenues dans ce type de cas de figure peuvent alors augmenter mais les autres espèces ont du mal à y parvenir. D’autres relevés sont là aussi nécessaires.

 

Dans les jardins où on utilise des anti-limaces, les observateurs ont recensé davantage de limaces que dans les jardins non traités. Comment expliquer ce paradoxe ?

Un résultat surprenant !

Abondance de différents escargots en fonction de l'utilisation ou non d'antilimace.

© Sébastien TURPIN d'après MNHN / Noé conservation – Opération Escargot 2011

Dans les jardins où on utilise des anti-limaces, les observateurs ont recensé davantage de limaces que dans les jardins non traités. Comment expliquer ce paradoxe ? Les anti-limaces sont déposés dans les jardins qui ont beaucoup de limaces : les limaces ne sont pas la conséquence de la présence d’anti-limaces, mais leur cause ! Autre phénomène à prendre en compte, les personnes qui mettent de l’anti-limace surveillent davantage la présence de limace et vont donc en noter davantage.

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