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Sauvages de ma rue

Vous pensiez être entourés de béton ou d’asphalte, mais un regard un peu plus attentif à vos pieds vous permet de découvrir qu’il existe une vraie flore à vos pieds ! Sauvages de ma rue est un observatoire de sciences participatives qui s’intéresse à la flore sauvage urbaine. Ce projet est porté par l’association Tela Botanica et par le Muséum national d’Histoire naturelle. Vos observations permettront aux chercheurs de compléter leurs connaissances sur la répartition des espèces en ville, l’influence des espaces verts (même minuscules tels que les pieds d’arbres) la qualité de la biodiversité. Les chercheurs ont besoin de vos données !

 

Résultats scientifiques de Sauvages de ma rue

Les espèces les plus vues

Voici le top 5 des espèces les plus vues par nos participants :

  1. Le Pâturin annuel (Poa Annua)
  2. Le Pissenlit commun (Taraxacum sp)
  3. Le Laiteron maraîcher ( Sonchus oleracerus)
  4. Le Sebeçon commun ( Senecio vulgaris)
  5. La Cardamine hérissée (Cardamine hirsuta)
Pâturin annuel

© Collège Jasmin -Les-Isles, Agen 47000

Dans quels types de brèches urbaines les retrouve-­t­-on ?

La moitié des observations de plantes s’effectue dans les fissures de bitume, entre les pavés ou sur les murs ! Il faut dire que pour coloniser ces espaces, aucun aménagement n’est prévu en faveur des fleurs, c'est le vent, les animaux et les hommes qui transportent leurs graines sans le savoir ! L’autre moitié des observations se fait dans des brèches qui ont plus ou moins vocation à héberger des végétaux : pieds d’arbres, pelouses… Toutes ces brèches urbaines représentent une superficie importante en surface cumulée.

Et qu’en est-il de la diversité des rues ?

© Nathalie Machon et Sébastien Turpin

En moyenne, on retrouve 6,5 espèces différentes par trottoir et ce nombre augmente quand on  s’éloigne de Paris, surtout parce que les trottoirs sont plus longs en périphérie de la capitale. Pour comparer les données, on a calculé une moyenne sur une longueur fixe et on retrouve 4,5 espèces pour 100 m de trottoir.

Ce nombre varie peu avec la distance au centre de Paris.
La figure présente quatre types d’aménagement des rues : « aucun aménagement », « rues avec pelouses », « rues avec pieds d’arbres », « rues avec pelouses et pieds d’arbres ». Les rues sans aménagement particulier, constituées essentiellement de surface imperméables (bitume, pavés, ciment…) ont presque trois fois moins d’espèces végétales en moyenne que les rues présentant des espaces interstitiels végétalisés variés. Les rues avec pieds d’arbres et espaces engazonnés sont beaucoup plus riches en fleurs sauvages, surtout au centre de Paris. Ces rues pourraient constituer des voies pour la dispersion de nombreuses espèces à travers la ville et ainsi relier les parcs et jardins urbains aux espaces naturels généralement situés en périphérie des villes.
L'aménagement de la rue est un facteur déterminant de la richesse végétale, surtout au centre de la ville.

 

La tolérance des plantes urbaines est-elle supérieure à celle des plantes rurales ?

Tolérance moyenne des communautés de plantes face à la sécheresse en fonction de la distance au centre de Paris.

© MNHN

Nous pensions que les plantes urbaines étaient plus tolérantes aux rudes conditions de la ville.

Le milieu urbain se caractérise par un volume de terre restreint, une disponibilité en eau réduite, une température de l'air plus élevée que dans les milieux ruraux, de la pollution atmosphérique qui accentue la sécheresse, des espaces verts de plus en plus fragmentés et la pollution des sols (riches en nitrates et en ammoniac).

Pourtant, après une analyse faite sur des listes d'espèces de 138 trottoirs d’Île-de-France, les plantes du centre-ville sembleraient présenter la même tolérance à la sécheresse, aux nitrates et à l'ombre que les plantes à la périphérie.

Sur le graphique, l’indice de tolérance face à la sécheresse est donné de 1 le plus sec à 10 le plus humide.

Nous pouvons donc observer une tolérance identique des communautés végétales face à la sécheresse qu’elles soient proches ou éloignées du centre de Paris.

Les communautés végétales du centre-ville ne seraient donc pas plus adaptées aux conditions urbaines que celles de la périphérie.

 

La relation entre plantes urbaines et insectes pollinisateurs est-elle importante ?

Mode de pollinisation des plantes en fonction de la distance au centre de Paris.

© MNHN

Les plantes des centres-villes sont souvent isolées physiquement par les constructions urbaines. Nous nous attendons donc à y rencontrer des plantes capables de se féconder elles-mêmes c’est-à-dire autogames.

Sur ce graphique, nous observons qu'en centre-ville, les communautés présentent davantage d’espèces pollinisées par le vent (anémophiles) et, lorsqu'on s'éloigne du cœur de Paris,les espèces végétales pollinisées par les insectes (entomophiles ou entomogames) sont plus nombreuses .

La composition des communautés de plantes urbaines seraient donc influencées par leur mode de pollinisation.

 

Mode de pollinisation des plantes en fonction de la distance au centre ville

© MNHN, Téla Botanica

Grâce à vos données, nous observons le phénomène inverse  dans les villes de Province. En centre ville, les plantes sont plus souvent entomophiles. Pourquoi ces phénomènes sont-ils inversés entre Paris et province ? Est-ce l’impact de l’agriculture périurbaine ? celui de la structure de la ville qui serait différente entre les grandes et les petites villes ?

Ces résultats sont très intéressants car relativement inattendus. L’analyse approfondie de quelques villes plus intensément inventoriées pourra peut-être donner des explications.

Des élèves interrogent Nathalie Machon

Le nombre d’espèces que vous avez inventorié dépend des conditions environnantes (pesticides, coupes de la végétation…), mais aussi de la longueur de la rue dans laquelle vous avez fait vos observations. Utilisez ce graphique de la diversité spécifique en

Positionner vos données

Le nombre d’espèces que vous avez inventorié dépend des conditions environnantes (pesticides, coupes de la végétation…), mais aussi de la longueur de la rue dans laquelle vous avez fait vos observations. Utilisez ce graphique de la diversité spécifique en fonction de la longueur de la rue pour connaître la qualité de la diversité observée.

 


 

Outre la longueur de la rue, d’autres facteurs vont également agir sur la répartition des plantes sauvages et donc influencer vos résultats :

  • la présence d’aménagements permet à des plantes aux exigences variées de s’installer : la Sagine couchée supporte bien les zones piétinées, la Cymbalaire des murailles profite des fissures des vieux murs...
  • le type de gestion : le Ray-grass supporte les tontes fréquentes, les pesticides limitant systématiquement le nombre d’espèces...
  • les facteurs environnementaux : par exemple le Polycarpon quatre-feuilles est une espèce méditerranéenne qu’on trouve maintenant dans des villes plus au nord à cause des températures plus élevées dans les centres urbains).

Comprendre votre résultat :

La diversité spécifique est inférieure au 1er quartile.
La diversité est inférieure à celle que l’on observe habituellement : cet état peut être dû à un facteur passager (météo par exemple) ou à un type de gestion peu favorable à la biodiversité. D’autres relevés permettront d’en savoir davantage.

La diversité spécifique est comprise entre les deux quartiles.
Vos résultats correspondent à la norme. Cette situation peut-être transitoire soit vers une amélioration de la diversité spécifique soit vers une dégradation. Continuez vos observations pour le savoir !

La diversité spécifique est supérieure au 3ème quartile.
Vous êtes dans une situation plutôt encourageante, la biodiversité est plus riche qu’ailleurs ! De nouveaux relevés permettront de suivre cette richesse spécifique.

 

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