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SPIPOLL

Créé en partenariat entre l’Office Pour les Insectes et leur Environnement (OPIE) et le Muséum national d’Histoire naturelle, le Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs (SPIPOLL) a pour but d’obtenir des données sur les insectes pollinisateurs et/ou floricoles. Les données récoltées permettent de mesurer les variations de diversité d’insectes sur l’ensemble de la France métropolitaine. Plus nous serons nombreux à participer, plus les scientifiques auront d’informations pour évaluer l’état de santé de ces populations. Pour participer, il vous suffit de suivre le protocole !

 

La pollinisation en trois étapes

La pollinisation est un phénomène passionnant mais complexe. Pour faire court, on peut retenir qu’elle se passe en trois étapes.

1) L’insecte est attiré par la plante

2) L’insecte se pose sur la plante

3) L’insecte est récompensé

Étape 1 : L’insecte est attiré par la plante

 

Cette attraction se fait par la couleur des fleurs, les éventuels motifs présents sur les pétales, la forme et la taille des pétales mais aussi par l’odeur que les fleurs dégagent.

La couleur, la forme et l’odeur des fleurs attirent les insectes :
Aurore (mâle) (Anthocharis cardamines) sur cardamine des prés

© Calin01| SPIPOLL collection du 8 avril 2012 réalisée à Ramasse (01317)

Tous les insectes ne préfèrent pas les mêmes couleurs de fleurs. Les papillons vivant le jour préféreraient les fleurs bleues, violettes ou roses, ceux vivant la nuit préfèrent les fleurs blanches et les diptères plutôt les fleurs jaunes.

Schéma d’adéquation de taille et de forme entre l’éperon d’une orchidée et la trompe d’un sphinx

© Académie de la Réunion

Les insectes sont aussi sensibles à la forme des fleurs. Selon leur forme, les fleurs n’attirent pas les mêmes insectes. Tous les insectes ne peuvent pas se nourrir sur tous les types de fleurs. Par exemple les papillons qui ont une longue trompe peuvent absorber le nectar au fond de long tube sur certaines fleurs alors que les insectes qui ont des pièces buccales plus courtes ne le peuvent pas.

 

Les insectes sont capables de détecter différents types d’odeurs 
  • Des odeurs fleuries et agréables perceptibles aussi par l’Homme. Les hyménoptères et lépidoptères sont souvent attirés par les fleurs présentant ce type d’odeur.
  • Des odeurs non perceptibles par l’Homme comme des phéromones sexuelles. Certaines orchidées, entre autres, produisent des odeurs qui miment les phéromones sexuelles de femelles de certaines abeilles ce qui attire les mâles qui assurent alors la pollinisation.
  • Des odeurs qui nous paraissent désagréables comme des odeurs de viande en décomposition. Les diptères sont souvent attirés par ce genre d’odeurs.
Ces odeurs peuvent être produites par différentes parties de la fleur, les pétales, le pollen, le nectar. Lorsque le pollen ou le nectar sont odorants, ils fournissent un signal qui permet aux pollinisateurs de savoir qu’ils trouveront de quoi se nourrir sur la fleur. Cela permet d’éviter les visites inutiles sur des fleurs qui viennent d’être visitées par un autre insecte et donc n’ont plus de nectar ou sur des fleurs immatures qui ne produisent pas encore de pollen.
Les motifs et la symétrie des fleurs guident les insectes
Linaire Commune

© Gérard ARNAL

 

Les fleurs ne sont pas toujours unies, elles peuvent présenter des points, des lignes ou des taches qui permettent à l’insecte de trouver le nectar. On appelle d’ailleurs ces formes des guides nectarifères. 

La symétrie des fleurs joue également un rôle dans l’attraction des insectes. Les fleurs à symétrie radiale sur lesquelles les insectes peuvent se poser dans différentes positions attirent souvent plus d’insectes différents que les fleurs à symétrie bilatérale. La forme de la fleur apporte des informations à l’insecte sur la façon de se positionner.

Les insectes peuvent se positionner de différentes façons sur la fleur. De gauche à droite, on observe un bombyle (A), un syrphe(B) et un syrphe à aspect de bourdon.
Les insectes ne peuvent se positionner que d’une seule façon sur la fleur : A : Abeille à thorax roux sur glycine et B : Xylocope violet sur glycine
La glycine, une fleur à symétrie bilatérale

Les insectes peuvent se positionner de différentes façons sur la fleur. De gauche à droite, on observe un bombyle (A), un syrphe(B) et un syrphe à aspect de bourdon.

© Avette | SPIPOLL, collection du 25 juillet 2011 à Saint-Chaffrey (05133)

Les observations menées sur l’Erysimum mediohispanicum et ses pollinisateurs montrent que les abeilles ont une préférence pour les fleurs à pétales étroits et que les diptères préfèrent les fleurs à pétales ronds...

La sélection des fleurs par les insectes en fonction de la forme des fleurs

Bombyle sur Erysimum mediohispanicum

© Wikimedia

Un exemple de sélection de la forme des fleurs :

Les observations menées sur l’Erysimum mediohispanicum et ses pollinisateurs montrent que les abeilles ont une préférence pour les fleurs à pétales étroits et que les diptères préfèrent les fleurs à pétales ronds. D’autres observations ont également montré que les populations où les fleurs à pétales étroits sont les plus abondantes correspondent aussi aux populations pour lesquelles les pollinisateurs les plus abondants sont les abeilles. Ceci suggère qu’une sélection s’exerce sur la forme des fleurs en fonction des pollinisateurs présents. Les abeilles préférant les fleurs à pétales étroits, si les abeilles sont abondantes, elles pollinisent majoritairement ces fleurs à pétales étroits qui dominent alors la population.

 

Polemonium viscosum est une plante de montagne que l’on rencontre dans le nord-ouest des Etat-Unis et au sud-ouest du Canada. Des études ont été menées sur cette plante et ses pollinisateurs en Pennsylvanie...

La sélection des fleurs par les insectes en fonction de l'odeur des fleurs

Polemonium viscosum

© Elijahmeeks | Wikimedia

Un exemple de sélection de l’odeur des fleurs

Polemonium viscosum est une plante de montagne que l’on rencontre dans le nord-ouest des Etat-Unis et au sud-ouest du Canada. Des études ont été menées sur cette plante et ses pollinisateurs en Pennsylvanie. Dans cette région, les chercheurs ont constaté que les plants de P. viscosum une odeur différente en fonction de l’altitude comme le montre le tableau suivant :
Proportion de plants de P. Viscosum portant des fleurs à odeur agréable ou désagréable en fonction de l’altitude. D’après Gelen & Kevan 1980
 
Pour comprendre cette distribution, des chercheurs ont étudié les pollinisateurs qui la visitent aux différentes altitudes :
Fréquence de visite aux différentes altitudes et efficacité de pollinisation de pollinisateurs de P. viscosum. D’après Gelen & Kevan 1980
 
Selon l’altitude, on n’observe pas les mêmes pollinisateurs. Les abeilles solitaires ne se rencontrent qu’en dessous de 3500m tandis que les bourdons sont plus abondants au dessus de 3500m. Les syrphes et muscidés eux se retrouvent avec une forte abondance quelque soit l’altitude. 
Les fleurs avec une odeur désagréables seraient favorisées à basse altitude là où ces bourdons sont plus rares et où la pollinisation est plutôt assurée par les diptères (syrphes et muscidés). Les diptères étant plutôt attirés par des odeurs qui paraissent désagréables à l’Homme. A l’inverse à haute altitude, ce sont les fleurs à odeur agréable qui sont favorisées par la présence de bourdon. En effet, ceux-ci ont une forte efficacité de pollinisation et préfèrent souvent les odeurs qui paraissent agréable à l’homme. A haute altitude, les fleurs à odeur agréable sont donc pollinisées de façon plus efficace par les bourdons ce qui explique leur abondantes à cette altitude, malgré la présence de diptère.

 

Certaines espèces de plantes qui possèdent des pollinisateurs obligatoires c'est-à-dire qui sont indispensables pour une pollinisation efficace et des pollinisateurs facultatifs...

L’odeur des fleurs permet une sélection des pollinisateurs

Effet attractant ou répulsif des odeurs de fleurs sur deux types de pollinisateurs : obligatoires et facultatifs.

© Laure Turcati d’après Junker et Blüthgen 2010

Certaines espèces de plantes qui possèdent des pollinisateurs obligatoires c'est-à-dire qui sont indispensables pour une pollinisation efficace et des pollinisateurs facultatifs qui sont plutôt des consommateurs de pollen ou de pétales et sépales mais qui assurent tout de même une toute petite partie de la pollinisation. L’effet attractant ou repoussant des odeurs sur ces deux types de pollinisateurs a été étudié pour plusieurs espèces de plantes.

Cette étude montre que l’odeur de ces fleurs est plutôt attirante pour les pollinisateurs obligatoires alors qu’elle est plutôt repoussante pour les pollinisateurs facultatifs.

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