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Vigie-Chiro

La France compte 34 espèces de chauves-souris. Parmi celles-ci, certaines sont présentes sur l’ensemble du territoire comme la Pipistrelle commune ou la Sérotine commune tandis que d’autres ont une distribution limitée, comme le Murin de Capaccini présent seulement dans la région méditerranéenne. Plusieurs suivis d’espèces rares montrent que, dans le cas où l’on dispose de données chiffrées sur le long terme, la plupart des espèces sont considérées comme en déclin. Vigie-Chiro, repose sur un suivi des chauves-souris lors de leurs activités de chasse et permet d’évaluer leur état de santé. Découvrez ici comment réaliser ce suivi avec vos élèves.

 

Mode de vie des Chauves-souris

Le vol

Anatomie d’une chauve-souris.

© Laure TURCATI & Sébastien TURPIN d'après Salix CC | Vigie-Nature École

Les chauves-souris sont les seules mammifères volant, cette caractéristique leur apporte de nombreux avantages :

  • elles ont accès à une nourriture inaccessible depuis le sol,
  • elles peuvent se déplacer rapidement et fuir en cas de besoin,
  • elles ont accès à des gîtes sécurisés, que peu de prédateurs peuvent atteindre.

L’anatomie et la physiologie des chauves-souris sont adaptées à ce mode de déplacement qui est très couteux en énergie. En effet, il consomme deux fois plus d’énergie que la course.

 

Le vol est rendu possible par une modification des membres antérieurs. L’aile des chauves-souris, le plagiopatagium est une fine membrane, qui relie leurs doigts démesurément allongés (excepté le pouce) à leur corps. Chez toutes les espèces d’Europe, une membrane, l’uropatagium, relie également les membres postérieurs et la queue, contribuant ainsi au vol et pour certaines espèces, à la capture des proies. Le patagium (plagiopatagium et uropatagium) est constitué d’une fine couche de muscle et de peau.

 

Les os des épaules (la ceinture scapulaire) et les clavicules sont soudés ce qui permet une assise solide pour l’insertion des muscles qui permettent aux ailes de battre. Certaines vertèbres sont également soudées rendant ainsi la base de la colonne vertébrale rigide. Enfin tous les os sont souples mais pourtant très solides.

Le système circulatoire est aussi adapté au vol : le cœur est trois fois plus gros que chez un mammifère de la même taille et bat deux à six fois plus vite en vol qu’au repos. Ceci permet d’irriguer les muscles de l’aile.

La respiration est couplée aux battements d’aile, ce qui permet d’économiser de l’énergie.

Cette adaptation très performante au vol n’empêche pas la locomotion au sol. Les espèces y courent à quatre pattes, appuyées sur leurs poignets. Le Grand Murin par exemple, chasse ainsi au sol les carabes (des scarabées carnivores), composant essentiel de son régime alimentaire.

 

De fins muscles sont présents dans les parois des artères et des veines du patagium, ils se contractent et permettent...

Le « deuxième cœur » des chauves-souris

De fins muscles sont présents dans les parois des artères et des veines du patagium, ils se contractent et permettent de faire avancer le sang dans toute la membrane alaire dont la surface est très importante. Ce système est appelé cœur veineux.

L’écholocation

Les chauves-souris utilisent leur ouïe pour se repérer la nuit ou au crépuscule. Cette capacité s’appelle l’écholocation. Ce système ressemble à celui d’un radar : les chauves-souris émettent des sons qui sont renvoyés par les objets qui les entourent sous forme d’un écho. A partir de cet écho qu’elles entendent, les chauves-souris peuvent créer une image mentale de leur environnement tout comme nous le faisons à l’aide de nos yeux qui reçoivent la lumière réfléchie par les objets qui nous entourent.

Les sons utilisés par les chauves-souris sont des ultra-sons, c'est-à-dire qu’ils sont trop aigus pour que l’oreille humaine les entende. 

L’écholocation suppose une acuité auditive hors du commun. Les chauves-souris ont d’ailleurs de très grandes oreilles proportionnellement à la taille de leur tête. 

L’écholocation nécessite d’autre part la faculté d’émettre des ultrasons très puissants de manière très précise ce qui est très couteux en énergie. En vol de chasse, les chauves-souris émettent des ultrasons de façon synchronisée avec leurs battements d’ailes ce qui permet d’économiser de l’énergie ; elles émettent donc à intervalle de temps régulier. Lorsqu’elles ont repéré un insecte, elles émettent plus rapidement et en direction de la proie, ce qui leur permet de l’appréhender de façon plus précise. A l’inverse, lorsqu’elles parcourent un terrain connu, par exemple à la sortie de leur gite, elles n’émettent pas à chaque battement d’ailes mais plutôt une fois tous les deux ou trois battements

Les ultrasons émis pour l’écholocation ne sont pas les seuls sons produits par les chauves-souris...

Les cris sociaux des chauve-souris

Les ultrasons émis pour l’écholocation ne sont pas les seuls sons produits par les chauves-souris, elles émettent également des sons audibles mais extrêmement aigus qui leur servent à communiquer entre elles, on parle alors de cris sociaux.

Cycle de vie

Cycle de vie des Chiroptères en Europe.

© Laure TURCATI & Sébastien TURPIN | Vigie-Nature École

Le mode de vie des chauves-souris, le vol et l’écholocation leur demandent énormément d’énergie et leur imposent donc une grande consommation de proies. Sous notre climat tempéré, ce n’est possible qu’aux beaux jours. Les espèces européennes pratiquent alors l’hibernation pour palier à cette absence temporaire de ressources alimentaires en hiver.

Les chauves-souris cherchent un lieu confortable pour passer l'hiver

Lorsque la température extérieure diminue jusqu'à devenir fatale aux insectes dont elles se nourrissent, les chauves-souris hibernent dans des cavités (grottes, ponts, souterrains, arbres creux, ...). Généralement ces cavités ont une température positive (8 à 10° en moyenne) et une hygrométrie suffisamment importante pour éviter le dessèchement de leur membrane alaire. Au cours de l’hivernage, leurs fonctions vitales se ralentissent, leur température interne baisse jusqu’au niveau de la température ambiante, leur permettant ainsi, en limitant leurs dépenses énergétiques, de survivre au manque de nourriture.

C'est le printemps : reprise des activités

  • La chasse

Au printemps, les températures remontent et les insectes sont de retour, les chauves-souris peuvent reprendre leur activité de chasse. Elles se déplacent alors vers leurs gîtes d’été et leurs terrains de chasse.

  • La mise bas

A partir de mai, les femelles se regroupent en nombre plus ou moins important selon les espèces dans des endroits chauds, calmes et sombres comme par exemple des arbres creux, des greniers, des ponts ou des grottes. Dans ces gîtes de mise bas les femelles donneront naissance à leur unique petit de l’année (parfois à des jumeaux) en début d’été, à une période où abondent les insectes.

Particularité de la reproduction : une fécondation décalée

A l’automne, dès que les jeunes sont capables de chasser seul et avant le déclin des populations d’insectes, les deux sexes se retrouvent pour l’accouplement. L’accouplement peut avoir lieu dans divers sites selon les espèces : gîtes de mise-bas, d’hibernation ou transitoires. Même si l’accouplement a eu lieu à l’automne, le développement des embryons ne démarre qu’au printemps chez presque toutes les espèces. Car les femelles conservent le sperme dans leurs voies génitales et l’ovulation et la fécondation ne se déclenchent qu’à la fin de l’hivernage. 

Après l’accouplement, les chauves-souris regagnent leur site d’hivernage.

Une stratégie de reproduction particulière qui rend les chauves-souris vulnérables à un certain nombre de menaces

La faible fécondité est compensée par le fait que les chauves-souris vivent longtemps. 

Les chauves-souris sont moins sensibles aux phénomènes climatiques exceptionnels qui pourraient affecter ponctuellement la production de jeunes comme par exemple un début d’été froid, pluvieux et donc pauvre en insectes. En revanche, les chauves-souris sont affectées par la mortalité brutale de nombreux adultes. Elles sont donc particulièrement fragiles aux agressions et perturbations telles que la disparition de leurs gîtes, la destruction et la dégradation de leurs habitats, l’emploi massif d’insecticides…

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