Nos observatoires

 

Gardons le contact

Opération escargots

L'association Noé et le Muséum national d’Histoire naturelle ont lancé l’Opération Escargots. Son principe est simple : les élèves sont invités à chercher les escargots et les limaces dans leurs cours d’établissements, à les identifier et à transmettre leurs observations aux scientifiques du Muséum. En participant à cet observatoire vous aiderez les scientifiques à mieux comprendre l’importance des jardins et de leur mode de gestion dans la conservation de ces espèces. Il n’est pas nécessaire d’être malacologue : nous vous fournissons ici tous les outils pour identifier ces espèces. Toutes les observations sont importantes, nous comptons sur vous !

 

Le cycle de vie des escargots

La majorité de ces petites bêtes sont hermaphrodites : ils sont à la fois mâle et femelle. Mais la rencontre entre deux individus et l’accouplement sont tout de même nécessaires pour la reproduction.

Pour les escargots, le printemps est la saison des amours et lorsque deux individus de la même espèce se rencontrent, ils commencent par s’enlacer : ce sont les préludes.

A côté de la tête, les escargots ont une poche musculaire contenant un dard. Pendant les préludes, la poche musculaire s’ouvre et éjecte le dard qui va aller se planter entre la tête et la coquille chez le partenaire. Le fait d'être piqué par ce dard va stimuler les escargots qui pourront ensuite copuler.

Leur pénis blanc sortira de sous le tentacule droit. Les deux partenaires s’échangeront leurs spermatozoïdes dans des petits sacs, appelés spermatophores. L’accouplement peut durer de 10 à 15 heures.

Les deux escargots vont alors produire des ovules, qui seront fécondés par les spermatozoïdes du partenaire.

Dard d’amour d’un escargot (Monachoides vicinus). La barre blanche mesure 0,5 mm.

© oris M. Koene and Hinrich Schulenburg / Creative commons

La reproduction de la limace ressemble à celle de l’escargot, avec une différence : les limaces n’ont pas de dard d’amour. Lors de l’accouplement, ce sont d'abord les organes mâles qui sont actifs, puis, après s’être échangé les spermatozoïdes qu’elles auront stockés, les organes femelles « s’activent » et la fécondation a lieu avec les gamètes mâles stockés.

15 à 20 jours après l’accouplement, limaces et escargots vont creuser un trou dans le sol (entre la surface et environ 10 cm de profondeur) pour y pondre leurs œufs. Chaque portée peut contenir jusqu’à 100 œufs pour les escargots et 500 pour les limaces.

L'ensemble des œufs s'appelle un naissain. La durée avant l’éclosion varie en fonction de la température (de trois semaines, lorsque les températures sont favorables, jusqu’à trois mois). Selon les espèces, escargots et limaces pondent entre une fois par mois et une fois par an (vous trouverez de nombreuses photos en suivant ce lien).

En captivité un escargot de Bourgogne peut vivre entre 5 et 10 ans.

Photo d'une ponte de velouté

© Olivier GARGOMINY

Article de Jean-Philippe Poulin paru dans la "Science du Québec" le 14 juin 2006 : Mucus et sperme: un mélange de premier choix!

La reproduction des escargots, un phénomène complexe.

Voici un article de Jean-Philippe Poulin paru dans la "Science du Québec" le 14 juin 2006 : Mucus et sperme: un mélange de premier choix!

Le mucus, qui recouvre le " dard d’amour " de l’escargot, double ses chances de fécondation lors de l’accouplement.

Les gastropodes, comme l’escargot, sont particulièrement étudiés par les neurobiologistes, car leurs cellules neurales, très longues, sont facilement identifiables. Comme plusieurs scientifiques, Ronald Chase s’est donc intéressé à leur " cerveau ". Lors de précédents travaux, il avait découvert qu’une partie contrôlait leurs comportements sexuels. Une question a alors jailli dans son esprit: comment cela fonctionne-t-il ?

L’escargot, une espèce hermaphrodite (qui possède les deux sexes), possède un aiguillon acéré qu’il injecte brutalement […] dans son partenaire. Dans le cadre d’une expérience menée par Ronald Chase, professeur de biologie à l’Université McGill, un groupe d’escargots en période de rut ont reçu une injection de mucus —le même qui recouvre leur appendice— et un second, une injection saline.

Les deux groupes, préalablement castrés chirurgicalement, ont été mis en présence, une semaine plus tard, d’autres escargots qui sécrétaient du sperme. Le résultat : les escargots du groupe ayant reçu le mucus ont eu deux fois plus de " bébés " que ceux qui avaient reçu l’injection saline.

Par ailleurs, lors de précédentes recherches, Chase a observé que le mucus semblait responsable de contractions dans certains conduits de l’escargot. Selon lui, ces contractions pourraient entraîner la destruction des enzymes responsables de l’assimilation des spermatozoïdes, et ainsi augmenter la fertilité.

Cette fertilité accrue de l’escargot semble donc imputable aux réactions chimiques associées au mucus plutôt qu’au dard lui-même.

Au-delà de la curiosité scientifique, le profane s'étonnera peut-être que de tels travaux puissent avoir une utilité pratique: ils pourraient permettre un meilleur contrôle des espèces de limaces et d’escargots qui peuplent nombre de cultures et de jardins...

Graphiques représentant la croissance de la coquille et la croissance de la masse du petit gris en fonction de l’âge

Document à télécharger

Graphiques représentant la croissance de la coquille et la croissance de la masse du petit gris en fonction de l’âge.

© Sébastien TURPIN

Déterminisme génétique des escargots

Un exercice sur le déterminisme génétique des escargots à télécharger :

Téléchager le document au format pdf

Page modèle: 

 Nous suivre sur facebook