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Mesurer la biodiversité

L'inventaire de la biodiversité est loin d'être achevé aujourd'hui. Si les études réalisées nous ont permis de découvrir et décrire à ce jour environ 1,8 millions d'espèces, on estime cependant la biodiversité totale de la planète à 30 millions d'espèces. De nombreuses espèces sont menacées d’extinction, près de 20 % des vertébrés par exemple. Les prévisions concernant l'érosion actuelle de cette biodiversité laisse, d'ailleurs,  craindre un déclin de ce nombre dès les années 2050. Il y a donc urgence dans l'étude de la biodiversité ! Cette étude doit concerner la nature 'remarquable' comme 'ordinaire', car au-delà d'espèces emblématiques comme l'ours polaire, la nature ordinaire change rapidement. Les espèces qui la composent ne sont ni menacées, ni domestiquées, ni exploitées, elles représentent de l’ordre de 80 % de 2 millions d’espèces décrites, soit plus de 1.5 millions d’espèces. La menace majeure pesant sur la nature ordinaire n’est pas l’extinction d’espèce (au-delà du siècle dans les projections actuelles), ce sont plutôt les changements dans l’organisation des écosystèmes et dans leurs fonctionnements qui peuvent limiter leurs capacités d'adaptation aux changements globaux.  Pour pouvoir suivre cette nature, les scientifiques ont dû imaginer de nouvelles méthodes : les sciences participatives...

Pourquoi des observatoires de biodiversité ?

Pour freiner l’érosion actuelle de la biodiversité, il nous faut :

  • d’abord décrire les changements qu’elle subit, c’est-à-dire suivre, et analyser, les variations dans la structure et dans le fonctionnement des éléments qui la composent.
  • Il s’agit ensuite de comprendre les mécanismes de ces variations, et de déterminer l’effet des différentes pressions exercées par les sociétés sur la biodiversité, qu’elles soient directes (ex. pratiques agricoles, changement d’usage des terres) ou indirectes (ex. changement climatique). Il est également important d’évaluer l’efficacité des différentes politiques en réponse à ces pressions (protection des espaces, changements des pratiques agricoles)...

Il est essentiel de prendre en compte dans ces analyses l’ensemble de la biodiversité (et pas seulement les espèces menacées). En effet c’est bien la biodiversité dans son ensemble qui est confrontée à l’impact croissant des sociétés humaines sur la biosphère et aux changements globaux, et doit donc être l’objet de l’attention des scientifiques.

Des dispositifs de suivi de la biodiversité

Les dispositifs de suivi mis en place dans le cadre de Vigie-Nature visent à échantillonner un grand nombre de sites répartis sur un vaste territoire. Notre ambition est d’atteindre une grande puissance d’observation, comparable à ce qui existe dans le domaine du climat ou de l’économie. Il s’agit de caractériser l’état et la dynamique de la biodiversité, dans l’ensemble des régions, départements, cantons, voire communes. Grâce à des suivis à large échelle spatiale et temporelle, Vigie-Nature pourra explorer les corrélations entre les variables biologiques collectées (composition des communautés) et d’autres types de variables (température, degré d’urbanisation…).


Quelles variables mesurer ?
Afin que les analyses spatiales et temporelles aient un sens, les variables collectées sont choisies pour être porteuses d’informations significatives sur l’état de la biodiversité : ce sont d’abord l’identité et l’abondance des espèces, d’autres variables descriptives étant intéressantes (phénologie…).


Comment mesurer les variables ?
Enfin, pour que ces analyses soient efficaces, les données sont collectées selon un protocole standardisé, respecté sur l’ensemble des sites suivis et maintenu au fil du temps. La loi des grands nombres fait le reste : la puissance et la précision des analyses augmentent avec la quantité de données collectées, tandis que les incertitudes liées au hasard s’estompent.

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