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Newsletter N°17 : L'impact de la pollution lumineuse sur les chauves-souris

MAI 2016

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L'impact de la pollution lumineuse sur les chauves-souris

 

 

Vous le savez probablement déjà mais la biodiversité est menacée par de nombreux facteurs comme la pollution, la fragmentation des habitats, le changement climatique… Une autre source de menace, moins connue, est la pollution lumineuse, celle générée par l’éclairage des villes par exemple.

Clémentine Azam, doctorante au Muséum, a cherché à évaluer l’impact de l’éclairage artificiel sur les chiroptères. Elle s’est également demandé si l’extinction nocturne (de minuit à 5 heures) serait une mesure efficace pour limiter ces effets.

 

Tout savoir sur la pollution lumineusee

La pollution lumineuse est générée par les éclairages artificiels dans un environnement nocturne. Les lampadaires génèrent une perturbation pour la faune (insectes, chauves-souris, humains…) et la flore. Cette forme de pollution concerne au total 20 % de la surface terrestre mondiale (en augmentation de 6% par an) et touche les milieux terrestres, aquatiques et marins !

En terme de conséquences pour la biodiversité, des études ont montré que la pollution lumineuse perturbe les rythmes journaliers et saisonniers de plusieurs espèces. Cette forme de pollution modifie les déplacements d’espèces car la lumière fragmente les paysages nocturnes.

 

L’effet des lampadaires sur les chauves-souris

Comme tout le monde le sait, les chauves-souris vivent la nuit ; cependant leur réponse à l’éclairage varie en fonction des espèces.

Les espèces dites aériennes présentent un vol rapide et chassent les insectes en suspension dans l’air. Elles sont souvent détectées en train de chasser aux alentours des lampadaires. A une échelle locale, on aurait donc un effet positif du lampadaire qui attire une quantité considérable d’insectes.

A contrario, un autre groupe d’espèces, appelé glaneuses, chasse plutôt en milieux encombrés et fermés (les forêts par exemple). Ces espèces cueillent les insectes qui sont posés sur des feuilles ou des branches. Leur vol étant plus lent, elles sont soumises à un risque de prédation plus important : elles semblent donc éviter les zones éclairées.

 

Le protocole mis en place par Clémentine

De nombreuses communes, pour faire des économies d’énergie, éteignent les lampadaires au cours de la nuit. Pour évaluer l’impact de cette mesure, Clémentine a  enregistré pendant 4 mois les ultra-sons des chauves-souris en zones éclairée, non éclairée et partiellement éclairée (extinction de minuit à 5 heures du matin) dans plusieurs communes situées dans le Parc naturel régional du Gâtinais.

Enfin, chaque zone étudiée était composée d’un site éclairé et d’un site non éclairé (le témoin). Pour chaque site, 5 enregistreurs à ultra-sons étaient placés au pied du lampadaire, à 10 m, 25 m, 50 m et 100 m.

© Vigie-Chiro | Muséum national d'Histoire naturelle

 

Qu’a-t-on pu montrer avec cette expérience ?

Tout d’abord, Clémentine a pu montrer que 8 espèces de chauves-souris fréquentent le parc. Sans surprise, la Pipistrelle commune est l’espèce la plus fréquente, viennent ensuite les murins et la Sérotine commune. D’autres espèces ont été détectées mais sont beaucoup plus rares comme les oreillards.

 

L’extinction nocturne (minuit  à 5 heures) est-elle une mesure efficace pour limiter l’impact de l’éclairage artificiel sur les chiroptères ?

© Vigie-Chiro | Muséum national d'Histoire naturelle

Pour la Pipistrelle commune l'éclairage semble favoriser sa présence : elle est deux fois plus fréquente que dans les zones non éclairées et éteintes une partie de la nuit.

Les murins semblent, en revanche, éviter les zones éclairées même partiellement (d’après les barres d’erreurs la différence n’est pas significative entre éclairage toute la nuit ou partiel).

Les oreillards semblent les seuls à profiter de mesures d’extinction des lampadaires. Ils chassent plus significativement là où les lumières s'éteignent. Ils profiteraient des insectes « groggy », immobiles sur le sol ou les parois des maisons, récupérant du trop de lumière. Des proies faciles en somme.

La période d'extinction des lampadaires entre minuit et 5 heures du matin n'a pas grand intérêt pour la plupart des espèces de chauves-souris. D’autres études semblent montrer qu’il serait plus efficace de les éteindre à partir de 23h.

 

© Vigie-Chiro | Muséum national d'Histoire naturelle

Enfin, comme le montrent ces graphiques, la lumière produite par les lampadaires impacte les chauves-souris à une distance maximale comprise entre 10 et 25 mètres.

Ce résultat pose la question de  la création de corridors écologiques suffisamment larges pour les espèces nocturnes en milieu urbain tout en respectant le sentiment de sécurité des habitants… Et à cette question, Clémentine n’a pas la réponse !

 

Bonus : Reconnaître deux chauves-souris communes !

La Pipistrelle commune : c’est une chauve-souris minuscule de la taille d’un pouce (elle pèse le poids d’une pièce de 50 centimes d’euro). Son pelage est brun sombre sur le dos et plus gris sur le ventre. Ses oreilles sont petites et triangulaires avec un targus court. Son vol peut être qualifié de papillonnant : elle est rapide et zigzag énormément.

© Cloé Sourd | Muséum national d'Histoire naturelle

La Sérotine commune : elle est deux fois plus grande que la Pipistrelle commune, la membrane de ses ailes est très foncée (couleur chocolat noir). Son pelage est long, marron foncé sur le dos, légèrement plus clair sur le ventre. Ses oreilles sont de tailles moyennes mais arrondies sur le sommet, le targus est courbé vers le museau. En vol, on remarque sa grande envergure, ses mouvements sont amples et donnent un sentiment d’agilité.

© Cloé Sourd | Muséum national d'Histoire naturelle

 

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