Survivre à l'hiver

Dans nos contrées, les ressources alimentaires peuvent se faire très rares à la mauvaise saison, surtout pour les insectivores. Certains oiseaux se déplacent alors vers des lieux où ils trouveront une nourriture en e : ce sont les migrateurs. Les autres, qui restent sur place, sont appelés sédentaires et doivent affronter le froid rigoureux de l'hiver. Heureusement, leur corps et leur comportement sont adaptés pour qu'ils survivent jusqu'au printemps suivant.

 

Les oiseaux sédentaires

Les oiseaux sédentaires  adaptent leur régime alimentaire : ils se contentent de ce qu’ils peuvent trouver. La Mésange bleue et la Pie bavarde, par exemple, se nourrissent de es lorsque les es se font rares. D’autres comptent sur les provisions qu’ils ont cachées à l’automne comme le Geai des chênes qui enfouit des glands.

Ils possèdent également différentes stratégies pour lutter contre le froid :

  • En hiver les oiseaux ont plus de plumes qui paraissent gonflées, ce coussin d’air permet d'isoler l'animal du froid (ex: le Pinson des arbres).

 

Pison des arbres en hiver (plumes gonflées) vs en été
Photos de Pinson des arbres à deux saisons différentes © Fréderic Jiguet | Vigie-Nature
  • Pour dormir, ils peuvent se regrouper pour se tenir chaud. Par exemple, les mésanges trouvent un trou pour la nuit et s'y regroupent. Les étourneaux, eux, se rassemblent  en fin de journée dans les villes ou villages car il y fait plus chaud que dans les campagnes et constituent des dortoirs collectifs dans les arbres.
     
  • Certains oiseaux, comme le Pinson des arbres voient  aussi leur température baisser de 6°C pendant leur sommeil pour consommer moins d’énergie, comme les animaux qui hibernent.
     
  • Enfin, il existe de faux sédentaires comme l’Accenteur mouchet ou le Rouge-gorge. Ils sont visibles toute l’année dans les jardins mais souvent, ce ne sont pas les mêmes individus. Une partie des ns de nos régions migre vers le Sud, et sont remplacés par des individus venus du Nord de l’Europe pour passer l’hiver chez nous.
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La sédentarité ne serait pas si fréquente :

En réalité, très peu d’espèces en Europe sont strictement sédentaires, c'est-à-dire ne comportant aucune n ou partie de sa population effectuant une migration. Ils arrivent qu'elles se déplacent, au moins sur une courte distance, pour des raisons souvent exceptionnelles comme une vague de froid.

En ville, certaines es se sédentarisent plus volontiers car la nourriture y est permanente. Pourtant on peut repérer des Moineaux domestiques ou des Pigeons ramiers sur des sites de migration en automne.
 

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Les oiseaux migrateurs

Chez les oiseaux, la migration est le déplacement régulier de ns d’une aire de reproduction à une aire d’hivernage à l’automne et vice et versa au printemps. Ils ne restent pas sur leur lieu d’hivernage pour se reproduire mais reviennent vers les régions tempérées car la concurrence pour la nourriture et la présence de rs y sont moins importantes.

La phase automnale est également appelée post-nuptiale et la phase printanière est la phase prénuptiale.

 

étapes du cycle de reproduction de l'hirondelle : reproduction, migration, hivernage, mue, migration, reproduction
Cycle de reproduction de l’hirondelle © Muriel Janus | Vigie-Nature École

 

Plusieurs es des parcs et des jardins, mais aussi des villes et des villages, sont absentes de notre pays entre octobre et mars-avril, comme le Gobemouche gris, le Rougequeue à front blanc, l'Hirondelle rustique, l'Hirondelle de fenêtre ou le Martinet noir.

Les migrateurs longs courriers

Les insectivores sont de grands migrateurs (en hiver, il y a peu d’insectes dans nos régions), alors que les granivores ou es sont plutôt sédentaires ou migrateurs sur de petites distances.

L’Hirondelle rustique est un exemple d'oiseau effectuant de grandes migrations : elle voyage jusqu’au Sud du Sahara pour trouver sa nourriture et revient en région tempérée au printemps pour se reproduire. Nous pouvons alors la trouver en Eurasie et Amérique du Nord mais aussi au Nord de l’Afrique.

Les migrateurs moyens courriers

Leurs trajets sont moins longs que les précédents car leur aire d’hivernage est moins éloignée. Ce sont en général des insectivores se nourrissant également de es, comme le Pinson des arbres, la Grive musicienne, le Rouge-gorge. Toute l’espèce descend un peu plus au sud, dans le bassin méditerranéen. Ils partent en général plus tard que les grands migrateurs et reviennent plus tôt.

 

Ressources

La migration de l’Hirondelle rustique

 

Tout savoir sur la migration

La majorité des x longs courriers vole de nuit (sauf les hirondelles). Ceux qui migrent le jour ne se déplacent que le matin et s’alimentent durant le reste de la journée, c’est surtout le cas des migrateurs de courte distance qui disposent de plus de temps.

Quels sont les avantages de la migration e ? 

Elle permet de se déplacer la nuit et de se nourrir le jour. Par ailleurs, le vol est plus aisé car les vents horizontaux sont moins violents et les turbulences verticales sont plus rares. L’air est aussi plus frais et plus humide, la dépense énergétique s’en trouve alors diminuée et le risque de déshydratation moins grand.


Comment les oiseaux savent-ils qu’ils doivent partir ?

Chez les migrateurs nocturnes, c’est la variation de la durée du jour (photopériode) qui déclenche la préparation à la migration ; les oiseaux perçoivent la lumière grâce à des rs situés dans le cerveau, sensibles à travers les plumes et le crâne, ainsi, même des oiseaux aveugles la perçoivent.


Comment les oiseaux se préparent-ils à la migration ?

Certains oiseaux muent pour avoir des plumes toutes neuves parfaitement efficaces pour leur long vol à venir.

Les oiseaux font également des réserves énergétiques. Elles sont accumulées sous forme de graisse stockée sous la peau, dans les muscles et dans le foie, parallèlement, la taille de leur appareil digestif diminue pour leur éviter d’être trop lourd.


Quels sont les dangers ?

Les rs comme l’épervier et les faucons représentent le danger le plus important, on a par exemple estimé qu’ils déciment 10% des Pinsons des arbres et des Pinsons du Nord. Les vents violents peuvent déporter les oiseaux. On estime que 1 à 10% des petits passereaux migrant le long des côtes meurent en mer. Les êtres humains représentent également un danger pour les oiseaux migrateurs. 15 à 20 millions d’oiseaux migrateurs sont tués chaque année par les chasseurs qui chassent sur les sites où les oiseaux se posent pour se nourrir. Les aménagements détruisent également des s de repos et l’installation de lignes à haute tension ou de hauts immeubles pourvus de grandes baies vitrées représentent un danger pour ces migrateurs.


Comment s’orientent-ils et se retrouvent-ils ?

Le phénomène est complexe et pas encore totalement élucidé. Les oiseaux semblent se déplacer selon une connaissance qu’ils héritent de génération en génération et qui leur dicte à la fois le moment de la migration mais aussi sa direction et sa destination. Cependant, on sait que les oiseaux détournés de leurs trajets habituels, par exemple par des vents violents, sont capables de retrouver le bon cap.

Ils sont guidés par un système de boussoles internes innées appelées aussi s biologiques qui seraient de 3 types :

  • Le compas solaire utilisé pour les petites ou grandes migrations
  • Le compas stellaire pour lequel le jeune oiseau devrait apprendre la carte du ciel
  • Le compas magnétique : ce compas semble être le plus utilisé surtout par temps nuageux (La terre possède deux pôles magnétiques situés à proximité des pôles géographiques).

La vue leur permet également de s’orienter grâce à la capacité à déterminer d’où vient la lumière (vision polarisée). Ils utilisent également des repères visuels terrestres comme des chaînes de montagne, des fleuves, etc.